Théâtre des Quartiers d’Ivry

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NE ME TOUCHEZ PAS

ANNE THÉRON

03 > 12 MAR 2017 / Manufacture des Œillets / La Fabrique

“ Valmont lui resta dans la salle de bains
Avachi dans un fauteuil allongé dans la baignoire
Il restait là dans ce décor froid minéral et arctique
Quand un domestique entrait il grommelait
Ne m’approchez pas ne me touchez pas
RIEN
Il n’était plus rien ”

L’amour est un risque colossal.
Valmont et Merteuil sont des figures immortelles, comme le sont les vampires qui relèvent aussi bien d’une approche romantique que sanguinaire. Valmont est une machine de guerre dont la langue s’articule autour des exploits de la conquête. Pourtant, c’est un homme en bout de course.
“ Ne me touchez pas ”, cette fameuse interdiction qu’il attribue à Mme de Tourvel, reflète en fait sa propre incapacité à aimer. “ Ne me touchez pas ” signifie en fait : ne m’ébranlez pas, ne m’émouvez pas.
En face de lui, Merteuil est à elle seule toutes les femmes. Ce qui aurait pu la tuer - l’abandon de Valmont - l’a rendue forte et elle le dit : ma peau et mes organes sont à moi. De sa personne découle une mise en abyme avec Mme de Tourvel, dont elle prend le rôle jusqu’à lui attribuer sa propre parole. Jusqu’au bout elle tentera de conduire Valmont vers l’amour, avant de l’abandonner à son tour, seule mais libre.
Et puis il y a La Voix, celle qui brouille les cartes au point qu’on ne sait plus très bien qui parle. Au début, elle pose le décor, relèverait presque de la didascalie, mais très vite raconte l’histoire, celle qu’on n’a pas vue, qu’on ne verra pas.

La pièce fonctionne sur un entrelacement entre le récit de La Voix et l’ultime face à face de Valmont et Merteuil, enfermés dans une salle de bains dont les proportions nous ramènent aux studios de cinéma du siècle dernier. Tout est bizarrement grand dans cette salle de bains, à commencer par les accessoires. Tout est également vieux, défraîchi, et l’ensemble ressemblerait plutôt à un décor post apocalyptique. Cette salle de bains, hors du monde, hors du temps, ouvre sur un couloir infini.
Anne Théron

ANNE THÉRON
Romancière, dramaturge, scénariste, metteure en scène et réalisatrice.
Avec sa compagnie Les Productions Merlin, elle crée des “ objets ”, où se mêlent recherches sur le corps, la vidéo et le son.
Elle met en scène La Religieuse d’après Diderot, Jackie d’Elfriede Jelinek, Richard III de Carmelo Bene et ses textes Le Pilier, Antigone, hors-la-loi, Amours / Variations. Au Festival d’Avignon en 2013, elle crée L’ Argent de Christophe Tarkos.
Depuis septembre 2014, Anne Théron est artiste associée au Théâtre National de Strasbourg.

Production déléguée Compagnie Les Productions Merlin. Coproduction La Filature, Scène Nationale de Mulhouse, La Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc, le Théâtre National de Strasbourg, la Comédie de Poitou-Charentes-CDN. Avec le soutien de La Ferme du Buisson, Scène Nationale de Marne-la-Vallée. Avec la participation du DICREAM.
Le texte a reçu l’aide à la création du CNT. La compagnie Les Productions Merlin est conventionnée par la DRAC et la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes.

Durée > 1h30

librement inspiré des
Liaisons dangereuses
de Pierre Choderlos de Laclos
texte et mise en scène
Anne Théron
éditions Les Solitaires Intempestifs
collaboration artistique
Daisy Body
scénographie et costumes
Barbara Kraft
perruques
Emilie Vuez
création vidéo
Nicolas Compte
assisté de
Jacques Bigot
création lumière
Benoît Théron
création son
Jean-Baptiste Droulers
musique
Jérémie Droulers
Jean-Baptiste Droulers
régie générale
Mickaël Varaniac-Quard
régie lumière/vidéo
Johanna Dilolo
administration de production
Sylvie Alquier - Gingko Biloba
chargée de diffusion
Carol Ghionda

avec
Marie-Laure Crochant
Julie Moulier
Laurent Sauvage

NE ME TOUCHEZ PAS

ANNE THÉRON

03 > 12 MAR 2017 / Manufacture des Œillets / La Fabrique

Ils sont trois, dans Ne me touchez pas : Merteuil, Valmont et La Voix. Ce personnage, qui s’invite comme, une conscience, la part d’enfance des personnages, est une ombre noire dans la salle de bains noire où se retrouvent la marquise et le vicomte. (…)
Il n’y aura ni duel ni petite vérole, dans cette version des Liaisons dangereuses. (…)
Le choix des armes passe par le jeu des comédiens : discrètement érotique et inquiétant pour La Voix (Julie Moulier), assurément combatif et sexuel pour Merteuil (Marie-Laure Crochant), définitivement rhétorique et charnel pour Valmont (Laurent Sauvage). Quel que soit le talent de ses partenaires, c’est lui que l’on retient. Il a une présence unique : on a l’impression qu’il arrive sur le plateau comme s’il venait directement de la rue et d’une autre vie où il ne serait pas comédien, mais un voyageur aux allures indéfinies, entre rockeur et marcheur. Il pourrait parler aux pierres, mais c’est à nous qu’il parle, et chaque mot, porté par sa voix magnifique, nous atteint au plus profond. S’il y a une arme fatale dans ce Ne me touchez pas, c’est bien celle-là.

Brigitte Salino - LE MONDE

 

C’est entre esthétique dix-huitièmiste et éléments de décor inspirés de l’univers d’Enki Bilal qu’Anne Théron redonne vie dans, Ne me touchez pas,àla marquise de Merteuil et au vicomte de Valmont. Entre langue d’hier et d’aujourd’hui. Entre réalité théâtrale et désirs de cinéma. (…)
Une course âpre, obscure, lyrique
C’est toute une atmosphère, alors, qui s’affirme : énigmatique, elle se déploie et échappe en même temps. Ainsi la comédienne en contrepoint à la talentueuse Julie Moulier (dont le personnage rôde, observe, contextualise, en venant à se confondre avec l’esprit de la marquise), nous gagne à la cause de ce face-à-face (…) Ne me touchez pas (…) se révèle une proposition (…) qui laisse à l’esprit (…) de nombreuses sensations. Comme celle d’avoir assisté à la course âpre, obscure, lyrique, d’êtres tentant de conjurer la mort et l’épuisement du désir.

Manuel Piolat Soleymat - LA TERRASSE

 

(…) Sous le titre Ne me touchez pas, Anne Théron a composé une plongée très originale dans l’univers de l’écrivain qui n’en finit pas de fasciner hommes et femmes de cinéma et de théâtre. (…)
Anne Théron, auteur, cinéaste, fouaille le cerveau et le coeur des protagonistes, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, et ajoute un personnage, incarné par une femme, mais dans une couleur androgyne troublante. Dans un décor étrange de Barbara Kraft, une sorte de salle de bains monumentale, avec son dallage en damier noir et blanc, ses murs d’un vert bronze, son ouverture, au fond, sur un couloir immense qui, par la magie d’un film très travaillé, semble hanté de personnages fantomatiques, de bruits inassignables, durant presque toute la représentation. Cela ajoute au caractère onirique du propos qui, paradoxalement, en instaurant cette distance, rapproche les chairs. (…) Deux personnages du XVIIIe siècle réinventés de manière singulière par Anne Théron (Merteuil est presque une enfant, Valmont est las), et un autre, d’un temps fictionnel nommé « la voix » (Julie Moulier) qui évoque un peu un monde à la Enki Bilal.
Le travail sur l’énonciation, l’articulation, la hauteur de ton (avec micros), le son, la musique, la distance instaurée, tout fait de ce moment baigné de lumières de caveau, un « tombeau » poétique très singulier.

Armelle Héliot - LE FIGARO

 

(…) Tout se joue dans une salle de bain fantasmée façon boudoir XVIIIè élégamment ravagé par le temps, tandis que s’ouvre une perspective lointaine où se meuvent de fines et troublantes apparitions en noir et blanc. C’est dans cette scénographie de l’incertain que se rencontrent Valmont (Laurent Sauvage), la marquise de M. (Marie-Laure Crochant) et une jeune femme (Julie Moulier), cavalière ironique, distillant des précisions historiques sur l’état de la France avant la Révolution et invitant le spectateur à faire marcher son imagination. Raffinement des costumes, exactitude du langage, préciosité du geste, tout est pensé et millimétré dans ce spectacle qui fascine (…)

Laurence Liban - L’EXPRESS

 

Il y a dans la scénographie de Ne me touchez pas tout à la fois l’apparat et le délabrement, un huis clos et une ligne de fuite qui pulse vers l’infini. La puissance de la séduction et l’anéantissement du désir. L’élan amoureux et le sentiment d’abandon. L’espoir et la trahison.
(…) Anne Théron a retrouvé le chemin de l’écriture (…)
Une écriture où se fondent, dans une belle fluidité, la langue d’aujourd’hui et celle du XVIIIe siècle qu’elle aime tant (…) Une écriture cinématographique qui alterne les plans séquences et l’insertion d’un hors-champ qui s’incarne dans la figure de la Voix (Julie Moulier), narratrice et porte-parole de l’inconscient des personnages. (…)
Dans ce jeu de rôles où l’affrontement a lieu, tout s’inverse. Laurent Sauvage donne au détachement las de Valmont une vulnérabilité féminine qui devra plier devant la détermination de Merteuil, femme blessée, trahie mais décidée à surmonter son chagrin. La jeunesse dont la pare Anne Théron est une arme dont use avec charme Marie-Laure Crochant. D’abord simplement habillée d’un jupon, elle se vêt bientôt d’une robe à ballon et d’une perruque poudrée, comme une armature qui l’autorise à mener le jeu avec d’autant plus d’assurance que, d’emblée, les dés sont jetés (…)
La beauté de la langue, la partition sensible des acteurs associée aux images de Nicolas Comte et à la musique de Jérémie et Jean-Baptiste Droulers, tout concourt à nous plonger avec délectation dans les abîmes du désir et les affres de l’amour. A explorer le double sens du verbe toucher, du contact physique à l’empathie tournée vers l’autre.

Fabienne Arvers - LES INROCKUPTIBLES

NE ME TOUCHEZ PAS

ANNE THÉRON

03 > 12 MAR 2017 / Manufacture des Œillets / La Fabrique

Dimanche 5 mars - RENCONTRE
avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation de Ne me touchez pas
 

NE ME TOUCHEZ PAS

ANNE THÉRON

03 > 12 MAR 2017 / Manufacture des Œillets / La Fabrique

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