Théâtre des Quartiers d’Ivry

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LE CID

PIERRE CORNEILLE | YVES BEAUNESNE

04 > 14 AVR 2018 / La Fabrique

CHIMENE -
Pleurez, pleurez mes yeux, et fondez-vous en eau,

La moitié de ma vie a mis l’autre au tombeau.

Le placenta de Corneille
L’histoire est connue : Rodrigue et Chimène sont amoureux. Mais le bonheur est fugace, seul le malheur traîne. Les deux pères se disputent et Rodrigue tue celui de Chimène pour venger l’honneur du sien. La belle réclame au Roi la tête de son amoureux. Rodrigue transgresse l’ordre militaire et revient couvert de gloire, nanti du titre de “ Cid ”. Sa victoire sur les Maures oblige son roi au pardon mais ne change rien à la détermination de Chimène.

Toute l’action du Cid est sous-tendue par un puissant conflit moral, le célèbre dilemme cornélien qui fait s’affronter dans l’esprit des principaux personnages deux valeurs majeures, deux impérieuses postulations : l’honneur et l’amour. Ces affrontements forment le principal obstacle à l’amour pourtant bien réciproque de Rodrigue et Chimène.
“ Allons, mon bras, sauvons du moins l’honneur,
Puisqu’après tout il faut perdre Chimène. ”
Ce conflit de valeurs, puisque tout intérieur, nécessite d’être tranché par les personnages eux-mêmes. Ce n’est qu’en consentant à l’inacceptable qu’ils fléchiront et abandonneront la lutte, et c’est là que réside l’incommensurable contemporanéité de la pièce : c’est dans l’abandon que commence à se lever ce qui nous constitue chacun personnellement.
J’aime l’idée d’un Cid paralysé à l’idée de devoir combattre le père de Chimène, le Comte de Gormas, mais qui finit par y aller, entièrement soumis à son propre père tout-puissant. En tuant le Comte, il franchit d’un coup la barrière de l’âge adulte sans devenir insensible pour autant.
Chimène et lui étaient des enfants qui n’avaient pas supporté l’enterrement de leur jeunesse. Ils avaient voulu continuer à rêver, même quand la réalité avait fracassé leurs rêves. Ils vont retourner la table et ne se soucieront pas de savoir s’il y a de la vaisselle dessus. S’il le faut, ils mangeront le placenta de Corneille. Dans une solitude neigeuse.

L’alexandrin ou l’exaltation de la fête
Si l’alexandrin est un corset, une armure même, c’est pour mieux garantir la posture héroïque qui fait fi de la psychologie mais définit durablement un code de l’honneur qui pourrait s’appeler aujourd’hui la loyauté ou le courage. La modernité du théâtre français passe par des retrouvailles avec son passé.
L’exaltation de la fête dans ce qu’elle a de premier et d’essentiel, la bravoure à l’état brut, le courage naturel, cela aussi, c’est le chant profond des Espagnes que crie l’alexandrin, son désir d’impossible, et je plains quiconque ne l’entend pas.

Corneille est toujours ingénieux, souvent génial, parfois gênant. C’est un guerillero de l’imagination qui s’est servi de Mocedades del Cid de Guillen de Castro, mais lorsqu’il peignait la copie, elle était indiscutablement plus belle et folle après, il savait faire tourner un matériau méprisé dans la lumière afin qu’il fut beau.
Il faut se souvenir que la première version du Cid était une tragi-comédie, une saga faite de chair, de sang, de rires, de pleurs, de jalousie, de passion. Le théâtre, c’est une larme et un sourire. Avec Le Cid, c’est un torrent de larmes et un rire tonitruant.

Yves Beaunesne

Production La Comédie Poitou-Charentes - Centre Dramatique National,
avec le soutien de la Drac Nouvelle-Aquitaine, de la Région Nouvelle-Aquitaine et de la Ville de Poitiers.
Coproduction Le Théâtre de Liège, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Le Théâtre d’Angoulême.
Avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques,
DRAC et Région Provence- Alpes-Côte d’Azur et du Théâtre 71, Scène Nationale de Malakoff.
Remerciements Elie Triffault, au TNP pour son aide à la construction du décor et au Théâtre Paris-Villette, à La Compagnie Nicolas Liautard et à Enguerrand Boonen.
Spectacle créé au Théâtre d’Angoulême/Scène Nationale.

Durée > 2H25

mise en scène
Yves Beaunesne
dramaturgie
Marion Bernède
assistanat
à la mise en scène
Marie Clavaguera-Pratx
et Pauline Buffet
scénographie
Damien Caille-Perret
lumières
Marie-Christine Soma
création musicale
Camille Rocailleux
costumes
Jean-Daniel Vuillermoz
maquillages
Catherine Saint-Sever

avec
Eric Challier
Thomas Condemine
Jean-Claude Drouot
Eva Hernandez
Antoine Laudet
Fabienne Lucchetti
Maximin Marchand
Julien Roy
Marine Sylf
Zoé Schellenberg

LE CID

PIERRE CORNEILLE | YVES BEAUNESNE

04 > 14 AVR 2018 / La Fabrique

Avril

Date Horaire Lieu
Me 04 20:00 La Fabrique
Je 05 19:00 La Fabrique
Ve 06 20:00 La Fabrique
Sa 07 18:00 La Fabrique
Di 08 16:00 La Fabrique
Ma 10 20:00 La Fabrique
Me 11 20:00 La Fabrique
Je 12 19:00 La Fabrique
Ve 13 20:00 La Fabrique
Sa 14 18:00 La Fabrique