Théâtre des Quartiers d’Ivry

road_vous_etes_ici
Accueil > La saison > Spectacles > EXÉCUTEUR 14
A- A+

EXÉCUTEUR 14

ADEL HAKIM | ANTOINE BASLER

22 NOV > 02 DÉC 2018 / Le Lanterneau

Le Grand Conciliateur, Il est masculin
Et c’est une Vierge Eternelle
Sur lui sont la terre et le ciel plein d’étoiles.
Il est la crainte et l’amour plein de charmes.
Ce Très-Haut là, celui des Adamites,
est plein de douceur, de tendresse.
Un dieu de souffrances.
Alors, tu dois Le protéger.

Peut-on savoir ce que signifie vivre la guerre quand nous avons grandi dans des pays en paix ? Nous la regardons de loin, mi-horrifiés, mi-soulagés de ne pas en faire partie. Elle reste une abstraction.
L’année dernière nous avons contacté Adel qui, à notre plus grande joie, nous a accordé les droits. Depuis il nous a quittés… Il nous semble primordial que sa parole soit transmise et continue à être dite sur scène, car aucun texte à notre connaissance ne peut emmener le spectateur à vivre l’expérience de la guerre, de l’intérieur, avec cette force et cette précision.
Il s’agit de mettre en mouvement l’inconscient du spectateur, d’entrer dans son cerveau, et de lui faire vivre cette “ expérience ”, en réveillant son imaginaire.    
Antoine Basler


Exécuteur 14 ne se situe pas dans un contexte géographique et historique identifiable même si la source concrète de son écriture a été la guerre du Liban. Il était essentiel de faire entrer le public dans cette histoire, dans le mental du guerrier, sans idée préconçue, sans que le personnage puisse être classé a priori par le spectateur du côté des bons ou des méchants.
Le protagoniste porte alors, dans son corps, les dérèglements progressifs du quotidien, des déflagrations du fanatisme et de la haine, de l’explosion de nos phobies et de nos rêves. Pétri de peur, puis de douleur, puis de colère, il devient en quelque sorte le représentant de ces “ fous de Dieu ” prêts à chevaucher les bolides de l’apocalypse et à détruire aveuglément un monde dont la finalité les agresse et leur échappe.
Adel Hakim - préface d’Exécuteur 14

Exécuteur 14 est la première pièce écrite par Adel Hakim. Il l’a créée au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en 1991 avec Jean-Quentin Châtelain. Elle reçoit le Prix du meilleur spectacle au Festival de Saint-Herblain. Reprise au TGP en 1992, puis au Théâtre des Quartiers d’Ivry en 1993, elle sera jouée en France et à l’étranger plus de 300 représentations. La pièce est traduite en espagnol, anglais, allemand et régulièrement jouée dans plus de 20 pays (Amérique Latine, Allemagne, Angleterre…).


Antoine Basler
Formé au Conservatoire d’Art Dramatique de Genève, puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en 1985, il joue sous la direction de Mathias Langhof, Bernard Sobel, Claude Régy, Yves Beaunesne, Didier Bezace, Adel Hakim, Elisabeth Chailloux, Laurent Laffargue… Au cinéma, il tourne avec Olivier Assayas, Jan Kounen, Eric Rohmer, Jacques Audiard, Julien Leclerc… Parallèlement, il enseigne au Cours Florent à Bordeaux, met en scène pour le théâtre et réalise des courts métrages.

Production Compagnie du Soleil Bleu dans le cadre de la Pépinière du Soleil Bleu. Coproduction Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne.
Avec le soutien du Glob Théâtre à Bordeaux et du Cours Florent de Bordeaux
La Compagnie du Soleil Bleu est conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Nouvelle-Aquitaine, subventionnée par le Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, la Ville de Bordeaux et le Conseil départemental de la Gironde.

Remerciements à Laurent Laffargue et son équipe de la Compagnie du Soleil Bleu, Emma Guizerix, Lydie Donnette et Glenn Guernalec pour leur accompagnement précieux dans la production de ce spectacle.

CRÉATION

COMPLET
LUNDI 26

durée estimée > 1h20

un projet
d’Antoine Basler

collaboration artistique
Julien Basler
Elsa Basler

son
Luc Uyttersprot

lumière
Bruno Corsini

Une création de
La Pépinière
du Soleil Bleu

avec
Antoine Basler

EXÉCUTEUR 14

ADEL HAKIM | ANTOINE BASLER

22 NOV > 02 DÉC 2018 / Le Lanterneau

RENCONTRE avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du dimanche 25 novembre

EXÉCUTEUR 14

ADEL HAKIM | ANTOINE BASLER

22 NOV > 02 DÉC 2018 / Le Lanterneau

Exécuteur 14 d’Adel Hakim (Editions des Quatre-Vents), projet d’Antoine Basler

« La guerre est là », écrit Adel Hakim en 1991, en exergue à sa pièce Exécuteur 14, mise en espace à Théâtre Ouvert en 1990, puis créée au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en 1991, une mise en scène de l’auteur lui-même disparu aujourd’hui, avec l’interprète Jean-Quentin Châtelain – spectacle éloquent devenu mythique.

Or, la guerre est là et ne cesse d’y être, les générations passant, nous sommes les enfants de tous les génocides : « … Un appel de mobilisation et aussitôt la Nation – presque comme un seul homme – met les bottes, prend les fusils, enfile le dossard des Croisés, et part ratatiner le Satan basané… » On n’évite pas la guerre.

« Alors, au moins, essayer de la dire, de la comprendre, de la penser. L’explorer, suivre les logiques, les replis, les sentiments. Ces sentiments en nous, latents. En temps de paix… Temps de paix ? Militaire, il faut dire… Parce que la guerre est permanente, économique, sociale, sportive, culturelle, sexuelle, individuelle… »

Le comédien Antoine Basler s’empare aujourd’hui de ce brûlot incandescent, selon l’esprit originel et percutant de l’œuvre – que ce soit l’évocation de la Guerre du Liban ou de n’importe quelle guerre, il suffit malheureusement de choisir à l’aveugle un point sur la carte pour trouver non loin une zone significative de conflits actuels.

Ce qui intéresse l’interprète de ce monologue à la fois brut, étrange et si juste, c’est de pénétrer avec objectivité ou équité magnanime dans le « mental du guerrier ».

Avant de s’éteindre, ce dernier survivant d’une guerre civile revit les événements. Enfance innocente, si ce n’est la présence menaçante de tensions confessionnelles entre deux clans, les Alamites et les Zélites, et le locuteur appartenant aux premiers.

Un jour la guerre se déclenche, exécutions arbitraires, meurtres et mises à mort. Le discoureur est fidèle à son camp, et évite les tirs jusqu’à ce qu’il prenne les armes. Il tente devant le public de reprendre le fil des événements mais sans cesse échoue.

Le protagoniste recèle malgré lui un héritage symbolique qui pèse lourdement sur le corps et la conscience. Ainsi, les dérèglements structurels qui s’installent peu à peu en lui, au jour le jour, quand il rentre chez lui sous le feu et que sifflent les balles ou explosent les bombes : il perdra à jamais la part de rêve qu’il portait en lui.

Les fanatismes et la haine instinctive sont source de déflagrations intimes – autant d’entailles à l’ouverture possible de la peur, de la douleur et de la colère. Et surgit à point nommé la croyance en un dieu vengeur qui fait des victimes des bourreaux :

« Le Grand Conciliateur. Il est masculin et c’est une Vierge éternelle Sur lui sont la terre et le ciel plein d’étoiles…Un dieu de souffrances. Alors, tu dois le protéger. »

L’une des manifestations de l’identité des civilisations étant leur religion, cette notion vouée en principe à la réunion des hommes en est arrivée à cautionner des luttes sanglantes. Guerre ou violences terroristes – distinction impossible -,  ces réalités installées sur une partie de la planète font spectacle pour les autres restantes.

Antoine Basler incarne avec un bel engagement sincère qui prend appui à la fois sur une éthique et une esthétique, un guerrier étrangement redoutable et humain,  et assumant, en fin de « formation » à l’horreur, le pouvoir et les valeurs guerrières. Cette réalité – hors du feu et du sang, de la désolation et de la mort – devient ivresse.

Dieu, homme, esclave, libre, le comédien joue et se faufile entre toutes ces identités qui finalement ne font que l’aliéner et l’enfermer davantage plus loin de lui, toujours : « Ta mémoire se perd, oublie ce qui suit, ce qui ne peut être décrit. Sinon, il faut tout revivre. Tu préfères oublier. C’est plus cool et les larmes étouffent ta gorge. »

Dès les premiers mots, le public est happé par une tension qui ne le quitte plus, un voyage au bout de la nuit dont on revient pourtant, acquis à une haute performance.

Véronique Hotte - Hottellotheatre.wordpress.com

EXÉCUTEUR 14

ADEL HAKIM | ANTOINE BASLER

22 NOV > 02 DÉC 2018 / Le Lanterneau

Novembre

Date Horaire Lieu
Je 22 19:00 Le Lanterneau
Ve 23 20:00 Le Lanterneau
Sa 24 18:00 Le Lanterneau
Di 25 16:00 Le Lanterneau
Lu 26 20:00 Le Lanterneau
Me 28 20:00 Le Lanterneau
Je 29 19:00 Le Lanterneau
Ve 30 20:00 Le Lanterneau

Décembre

Date Horaire Lieu
Sa 01 18:00 Le Lanterneau
Di 02 16:00 Le Lanterneau

Dossier du spectacle