Théâtre des Quartiers d’Ivry

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CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER

JULIE OTSUKA | RICHARD BRUNEL

14 > 25 JAN 2019 / La Fabrique

Ils passaient à présent leurs journées immergés dans cette nouvelle langue, dont les vingt-six lettres nous échappaient toujours alors que nous vivions en Amérique depuis des années.

Ces Japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux états-Unis, sur la foi d’un portrait, un inconnu. Elles découvrent, en arrivant, le mensonge, l’imposture, le viol, le dur labeur dans les champs ou chez de riches Américaines. Désillusion, désespoir, résignation, loin de leur pays, loin de leur langue. Elles tentent de survivre et de s’adapter, mettant au monde des enfants qui contrairement à elles sont américains, se comportent comme tels, étrangers à leur culture d’origine. Et puis survient Pearl Harbour. Chœur vibrant, leurs voix s’élèvent pour raconter l’exil : la nuit de noce, les journées aux champs, la langue revêche, l’humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l’oubli. Derrière le nous collectif, derrière le chœur apparent, c’est en réalité une choralité qui se déploie, celle de multiples individus dotés de noms, de micro-histoires, toutes différentes, toutes passionnantes. C’est cela qui m’intéresse, cette parole donnée aux invisibles et aux oubliés.
Richard Brunel


Nous nous demandions si nous n’avions pas fait une bêtise en venant nous installer sur une terre si violente et hostile.
Existe-t-il tribu plus sauvage que les Américains ?

Julie Otsuka
Elle est née en 1962 en Californie et vit à New York. Son premier roman, Quand l’empereur était un dieu, raconte l’internement des familles nippo-américaines pendant la Seconde Guerre mondiale.
Certaines n’avaient jamais vu la mer est son deuxième roman. Il reçoit le PEN/Faulkner Award en 2011 et le prix Femina étranger dès sa parution en France.

Richard Brunel
Comédien et metteur en scène de théâtre et d’opéra, il dirige depuis 2010, La Comédie de Valence, CDN Drôme-Ardèche.
Au théâtre, il met en scène, depuis 2011, Les Criminels de Ferdinand Bruckner, Avant que j’oublie de Vanessa Van Durme, La Dispute de Marivaux, Les Sonnets de Shakespeare avec Norah Krief, L’Odeur des planches de Samira Sedira, En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis, Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès et Dîner en ville de Christine Angot. A l’opéra, il a récemment mis en scène La Traviata de Verdi et Le Cercle de Craie d’Alexander von Zeminsky.

Production La Comédie de Valence, CDN Drôme-Ardèche
Coproduction Festival d’Avignon ; Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne
Avec le dispositif d’insertion de l’École du Nord, soutenu par la Région Hauts-de-France et la DRAC Hauts-de-France
Certaines n’avaient jamais vu la mer est créé au festival Ambivalence(s) et joué au Festival IN d’Avignon en juillet 2018.

durée > 2h

texte
Julie Otsuka
traduction
Carine Chichereau
adapté du roman
The Buddha in the Attic
The Marsh Agency Ltd,
incorporating Paterson Marsh
Ltd and Campbell Thomson
& McLaughlin Ltd
© Julie Otsuka, 2011
adaptation

adaptation
et mise en scène
Richard Brunel
dramaturgie
Catherine
Ailloud-Nicolas

scénographie
Anouk Dell’Aiera
costumes
Benjamin Moreau
son
Antoine Richard
lumière
Laurent Castaingt
vidéo
Jérémie Scheidler
assistante
à la mise en scène
Pauline Ringeade


avec
Simon Alopé
Mélanie Bourgeois
Youjn Choi
Yuika Hokama
Mike Nguyen
Ely Penh
Linh-Dan Pham
Chloé Rejon
Alyzée Soudet
Kyoko Takenaka
Haïni Wang
et Natalie Dessay

CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER

JULIE OTSUKA | RICHARD BRUNEL

14 > 25 JAN 2019 / La Fabrique

RENCONTRE avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 17 janvier

EN PRÉSENCE DE JULIE OTSUKA

CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER

JULIE OTSUKA | RICHARD BRUNEL

14 > 25 JAN 2019 / La Fabrique

Richard Brunel restitue magnifiquement la dimension émotionnelle
du roman de Julie Otsuka, "Certaines n’avaient jamais vu la mer"
C’est à un sujet tabou aux Etats-Unis que s’est attaquée l’auteure américaine d’origine nippone : celui de l’immigration, au début du XXe siècle, de milliers de Japonais venus travailler, dans des conditions effroyables, comme ouvriers agricoles. Et des femmes qu’ils ont fait venir ensuite du pays pour les épouser, en leur promettant l’Eldorado. L’histoire en elle-même est d’une force inouïe, mais ce qui est beau, c’est la forme que prend le livre : une forme chorale, qui fait entendre une multiplicité de voix de femmes, en une mélopée lancinante. Richard Brunel a conçu sa mise en scène de manière très cinématographique, jouant des temps et des lieux avec une grande fluidité. C’est par l’intime que se dit l’Histoire, un intime multiple et féminin, en une polyphonie subtilement orchestrée.
Fabienne Darge - Le Monde

Richard Brunel offre un tombeau aux Japonaises exilées
Des ténèbres, un chœur s’élève. Sur scène, huit femmes surgissent devant les paravents
blancs où bientôt elles apprêtent leurs kimonos et coiffent leurs cheveux dénoués. Résonant dans le Cloître des Carmes, la parole, entre elles, s’échange, se happe, comme trop longtemps empêchée. Sur les parois vitrées qui laissent se dessiner les ombres, leurs visages aussi s’animent. Leurs souvenirs nous sont livrés en vrac, vécus intimes saisis d’une même voix. Derrière l’identité floue du mot "certaines" qui scande leur récit, ces femmes ne cessent d’apparaître et de s’effacer. Comme elles, les actrices, japonaises, coréennes, chinoises ou
françaises, toutes remarquables, offrent leur singularité et se fondent en même temps.
Béatrice Bouniol - La Croix

CERTAINES N’AVAIENT JAMAIS VU LA MER

JULIE OTSUKA | RICHARD BRUNEL

14 > 25 JAN 2019 / La Fabrique

Janvier

Date Horaire Lieu
Lu 14 20:00 La Fabrique
Ma 15 20:00 La Fabrique
Je 17 19:00 La Fabrique
Ve 18 20:00 La Fabrique
Sa 19 18:00 La Fabrique
Di 20 16:00 La Fabrique
Lu 21 20:00 La Fabrique
Ma 22 20:00 La Fabrique
Je 24 19:00 La Fabrique
Ve 25 20:00 La Fabrique

Dossier pédagogique - Pièce [Dé]montée